{"id":5890,"date":"2020-06-11T09:30:51","date_gmt":"2020-06-11T07:30:51","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.nccr-onthemove.ch\/?p=5890"},"modified":"2025-03-09T21:00:09","modified_gmt":"2025-03-09T20:00:09","slug":"le-double-paradoxe-des-inegalites-de-genre-en-suisse-la-production-des-inegalites-dans-le-domaine-des-migrations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nccr-onthemove.ch\/blog\/le-double-paradoxe-des-inegalites-de-genre-en-suisse-la-production-des-inegalites-dans-le-domaine-des-migrations\/","title":{"rendered":"Le double paradoxe des in\u00e9galit\u00e9s de genre en Suisse : la production des in\u00e9galit\u00e9s dans le domaine des migrations"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le genre est, aujourd\u2019hui encore, un \u00e9l\u00e9ment crucial dans la fabrication des in\u00e9galit\u00e9s sociales. Bien que l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre femmes et hommes soit en principe acquise sur le plan l\u00e9gal, les lois et les politiques en Suisse sont, de fait, sous-tendues par un r\u00e9gime de genre \u00ab classique \u00bb qui se caract\u00e9rise par une binarit\u00e9 cisgenre et h\u00e9t\u00e9ronormative. Ce r\u00e9gime classique reproduit le double paradoxe des in\u00e9galit\u00e9s de genre, notamment dans le domaine des migrations o\u00f9 les acteur\u00b7e\u00b7s suisses reprochent souvent aux migrant\u00b7e\u00b7s de ne pas respecter l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre femmes et hommes tout en mobilisant elles eux-m\u00eames un imaginaire classique du genre qui reproduit des discriminations de genre parmi les migrant\u00b7e\u00b7s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le central du genre dans l\u2019organisation des soci\u00e9t\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Alors que l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre femmes et hommes est en principe acquise sur le plan l\u00e9gal en Suisse, il existe encore de nombreuses discriminations de genre au sein de la soci\u00e9t\u00e9 suisse. Les femmes continuent par exemple d\u2019\u00eatre moins pay\u00e9es que les hommes, acc\u00e8dent moins souvent qu\u2019eux \u00e0 des postes \u00e0 responsabilit\u00e9, et assument une part plus importante des t\u00e2ches domestiques. Mais les discriminations de genre concernent \u00e9galement toutes les personnes LGBTQI+ qui sont confront\u00e9es \u00e0 des discriminations structurelles et symboliques multiples et parfois m\u00eame \u00e0 des violences psychiques et physiques graves. Comme les Etudes genre l\u2019ont d\u00e9montr\u00e9, le genre reste un m\u00e9canisme fondamental de la (re)production des in\u00e9galit\u00e9s sociales en Suisse.<\/p>\n<p>Le genre est un \u00e9l\u00e9ment constitutif des rapports sociaux fond\u00e9s sur la perception de diff\u00e9rences entre les sexes et qui refl\u00e8te souvent une matrice binaire, cisgenre et h\u00e9t\u00e9ronormative, qui voit l\u2019h\u00e9t\u00e9rosexualit\u00e9 comme la seule orientation sexuelle normale et pr\u00e9sume que l\u2019identit\u00e9 de genre d\u2019une personne correspond au sexe qui lui a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9 \u00e0 la naissance. Le genre est non seulement une composante des identit\u00e9s et subjectivit\u00e9s individuelles, il est aussi une fa\u00e7on primordiale de signifier des rapports de pouvoir et rel\u00e8ve de normes et de pratiques au travers desquelles le pouvoir est articul\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s produites (Dorlin 2008). Ces processus de diff\u00e9renciation sociale sont souvent analys\u00e9s dans une approche intersectionnelle qui appr\u00e9hende les in\u00e9galit\u00e9s comme le produit des imbrications du genre avec notamment l\u2019ethnicit\u00e9, la classe sociale, la \u00ab race \u00bb et l\u2019orientation sexuelle (Chauvin et Jaunait 2015).<\/p>\n<p>Dans ce qui suit, nous nous appuyons sur le domaine des migrations en Suisse, pour montrer comment les lois, les politiques, leur mise en pratique et les discours qui s\u2019y rapportent refl\u00e8tent un r\u00e9gime de genre que nous appelons \u00ab classique \u00bb, qui est encore profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 suisse et contribue \u00e0 la reproduction des in\u00e9galit\u00e9s (voir aussi <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/1468796816676844\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Fischer et Dahinden 2017<\/a>).<\/p>\n<p><strong>Des dichotomies sources de profondes in\u00e9galit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Une premi\u00e8re caract\u00e9ristique essentielle de ce r\u00e9gime classique de genre est qu\u2019il se fonde sur une division sexu\u00e9e du travail, qui assigne les hommes \u00e0 la sph\u00e8re \u00e9conomique et les femmes \u00e0 la sph\u00e8re domestique. La loi f\u00e9d\u00e9rale sur le s\u00e9jour et l\u2019\u00e9tablissement des \u00e9trangers (LSEE) de 1931, qui r\u00e9pondait aux besoins de main-d\u2019\u0153uvre du march\u00e9 du travail suisse, reproduisait cette dichotomie travail\/famille de mani\u00e8re explicite. Les activit\u00e9s \u00e9conomiques \u00e9tant associ\u00e9es exclusivement aux hommes, les hommes migrants \u00e9taient d\u00e9finis dans la LSEE comme les pourvoyeurs et chefs de famille, et leurs \u00e9pouses \u2013 et enfants \u2013 comme leurs d\u00e9pendant\u00b7e\u00b7s. La possibilit\u00e9 que ces femmes puissent migrer en tant que travailleuses n\u2019\u00e9tait alors pas envisag\u00e9e. D\u00e8s lors, leur permis de s\u00e9jour relevait du regroupement familial et d\u00e9pendait de celui de leur mari.<\/p>\n<p>Entr\u00e9e en vigueur en 2008, la nouvelle loi sur les \u00e9trangers et l\u2019int\u00e9gration (LEI) ne d\u00e9finit plus explicitement les migrant\u00b7e\u00b7s selon cette dichotomie. Pourtant, elle rel\u00e8ve du m\u00eame imaginaire de genre. Si, \u00e0 premi\u00e8re vue, le permis de \u00ab d\u00e9pendant\u00b7e \u00bb est neutre et \u00e9galitaire en termes de genre, puisque la LEI pr\u00e9voit que les hommes, tout comme les femmes, peuvent en b\u00e9n\u00e9ficier dans le cadre du regroupement familial, les retomb\u00e9es de la loi ne le sont pas. En cas de dissolution du mariage dans les trois ans, une personne avec un statut de d\u00e9pendant\u00b7e se voit retirer son permis de s\u00e9jour suisse. En cas de violences domestiques, par exemple, \u2013 qui dans la plupart des cas sont le fait d\u2019hommes \u00e0 l\u2019encontre de femmes \u2013, les femmes migrantes se voient contraintes de rester avec leur mari pour ne pas (risquer de) perdre leur titre de s\u00e9jour. Ainsi, cet imaginaire classique de genre reste implicitement pr\u00e9sent dans la loi et participe au renforcement des violences v\u00e9cues par des femmes confront\u00e9es \u00e0 un choix corn\u00e9lien : quitter un mari violent ou quitter le pays o\u00f9 elles r\u00e9sident.<\/p>\n<p>Une autre dichotomie profond\u00e9ment inscrite dans ce r\u00e9gime classique de genre est celle qui construit la binarit\u00e9 hommes\/femmes sur l\u2019opposition public\/priv\u00e9 (ou politique\/personnel). D\u00e8s les ann\u00e9es 1970, les f\u00e9ministes ont radicalement remis en cause cette repr\u00e9sentation mutuellement exclusive, comme le r\u00e9sume leur slogan \u00ab le priv\u00e9 est politique \u00bb. L\u2019analyse du domaine de l\u2019asile permet d\u2019en montrer les effets discriminatoires. De nombreuses \u00e9tudes ont en effet mis en \u00e9vidence l\u2019universel masculin sur lequel repose la d\u00e9finition internationale du terme de \u00ab r\u00e9fugi\u00e9 \u00bb, dans la Convention de Gen\u00e8ve tout comme dans la proc\u00e9dure d\u2019asile en Suisse. D\u00e8s les ann\u00e9es 1980, des recherches critiques ont d\u00e9nonc\u00e9 le caract\u00e8re androcentr\u00e9 du r\u00e9gime de l\u2019asile, et le fait que les pers\u00e9cutions subies par les femmes qui demandent l\u2019asile sont souvent rel\u00e9gu\u00e9es au domaine du priv\u00e9. Les violences sexuelles et les viols, par exemple, n\u2019\u00e9tant pas consid\u00e9r\u00e9s comme des actes politiques (ou publics) \u2013 m\u00eame quand ils rel\u00e8vent de violences \u00e9tatiques \u2013, ne sont d\u00e8s lors pas reconnus comme des motifs justifiant l\u2019octroi de l\u2019asile en Suisse.<\/p>\n<p>La dimension h\u00e9t\u00e9ronormative et cisgenre est une troisi\u00e8me caract\u00e9ristique de ce r\u00e9gime classique de genre qui se refl\u00e8te dans les lois du domaine des migrations et remet en question le caract\u00e8re suppos\u00e9ment neutre de ces lois. La LEI d\u00e9finit la famille \u2013 tout comme le fait l\u2019\u00c9tat suisse \u2013 sur la base de l\u2019union conjugale entre un homme et une femme. Cette conception h\u00e9t\u00e9ronormative de la famille discrimine les couples de m\u00eame sexe qui se voient priv\u00e9s du droit au regroupement familial. Par ailleurs, les recherches ont \u00e9galement montr\u00e9 que ce biais h\u00e9t\u00e9ronormatif contenu dans les lois de l\u2019asile discrimine \u00e9galement les requ\u00e9rant\u00b7e\u00b7s LGBTQI+ avec des cons\u00e9quences majeures sur la (non-)reconnaissance de leurs motifs et sur leur proc\u00e9dure d\u2019asile en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>Un mod\u00e8le de citoyennet\u00e9 h\u00e9t\u00e9ronormatif et patrilin\u00e9aire<\/strong><\/p>\n<p>Enfin, un quatri\u00e8me \u00e9l\u00e9ment constitutif de ce r\u00e9gime classique de genre renvoie au caract\u00e8re genr\u00e9 imbriqu\u00e9 dans la logique de l\u2019\u00c9tat-nation et de la citoyennet\u00e9. Jusqu\u2019en 1952, les femmes suisses qui \u00e9pousaient un \u00e9tranger perdaient leur nationalit\u00e9. \u00c0 l\u2019inverse (et jusqu\u2019en 1992), les hommes suisses transmettaient automatiquement la nationalit\u00e9 suisse \u00e0 leurs \u00e9pouses d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re. Les recherches ont montr\u00e9 que ce mod\u00e8le de citoyennet\u00e9 patrilin\u00e9aire est ancr\u00e9 dans la logique de l\u2019\u00c9tat-nation, elle-m\u00eame fond\u00e9e sur des repr\u00e9sentations \u00e0 la fois nationalistes et sexistes. Avec l\u2019introduction d\u2019une proc\u00e9dure de naturalisation facilit\u00e9e pour les personnes \u00e9trang\u00e8res mari\u00e9es \u00e0 un\u00b7e ressortissant\u00b7e suisse, la nouvelle loi sur l\u2019acquisition et la perte de la nationalit\u00e9 suisse (LN) de 1992 instaure l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes (en couples h\u00e9t\u00e9rosexuels). Pourtant, malgr\u00e9 cette \u00e9galit\u00e9 de jure, l\u2019imaginaire sous-jacent au mod\u00e8le de citoyennet\u00e9 patrilin\u00e9aire continue d\u2019avoir des effets discriminants (voir p.ex. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/13621025.2019.1691152\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Kristol et Dahinden 2019<\/a>).<\/p>\n<p>Lors de la proc\u00e9dure de naturalisation facilit\u00e9e, les hommes suisses sont souvent per\u00e7us par les personnes en charge de la proc\u00e9dure comme l\u00e9gitimes de transmettre leur nationalit\u00e9 \u00e0 leurs \u00e9pouses. \u00c0 l\u2019inverse, les femmes suisses sont davantage per\u00e7ues comme des victimes potentielles et passives, plut\u00f4t que comme des citoyennes, surtout si leurs \u00e9poux sont extra-europ\u00e9ens, plus jeunes ou issus de l\u2019asile. Ces derniers sont alors soup\u00e7onn\u00e9s de s\u2019\u00eatre mari\u00e9s pour des raisons strat\u00e9giques et d\u2019\u00eatre peu acquis, en raison de leurs \u00ab origines culturelles \u00bb, au principe d\u2019\u00ab \u00e9galit\u00e9 \u00bb tenu pour pleinement accompli en Suisse. Cette construction de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, que nous avons qualifi\u00e9e ailleurs de \u00ab <a href=\"https:\/\/www.gendercampus.ch\/en\/blog\/post\/gendernationalism-as-a-new-expression-of-political-nationalism\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">nationalisme de genre<\/a> \u00bb, n\u2019est pas sans cons\u00e9quence pour les acteur\u00b7e\u00b7s puisqu\u2019elle peut donner lieu \u00e0 des investigations plus intensives et influencer l\u2019issue de <a href=\"\/?p=4266\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la proc\u00e9dure de naturalisation<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Le double paradoxe des in\u00e9galit\u00e9s de genre<\/strong><\/p>\n<p>Ces quatre exemples illustrent ce que nous appelons le \u00ab double paradoxe des in\u00e9galit\u00e9s de genre \u00bb. Alors que la soci\u00e9t\u00e9 suisse \u2013 notamment \u00e0 travers les m\u00e9dias et le politique \u2013 reproche souvent aux \u00ab autres \u00bb \u2013 en particulier aux migrant\u00b7e\u00b7s extra-europ\u00e9en\u00b7ne\u00b7s et aux musulman\u00b7e\u00b7s \u2013 de ne pas respecter l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes, les acteur\u00b7e\u00b7s suisses notamment dans le domaine des migrations mobilisent des repr\u00e9sentations qui reproduisent un imaginaire classique et in\u00e9galitaire du genre, avec pour effet de discriminer les femmes ainsi que toutes les personnes qui n\u2019entrent pas dans le moule de ce mod\u00e8le h\u00e9t\u00e9ronormatif et cisgenre. Ces repr\u00e9sentations classiques sont fortement ancr\u00e9es en Suisse et, en tant qu\u2019acteur\u00b7e\u00b7s, nous y sommes tellement habitu\u00e9\u00b7e\u00b7s qu\u2019elles en deviennent difficilement visibles.<\/p>\n<p>Ainsi, non seulement, les in\u00e9galit\u00e9s de genre perdurent en Suisse sous des formes multiples, mais en outre, des repr\u00e9sentations classiquement genr\u00e9es et sexistes sous-tendent souvent la gestion gouvernementale, l\u2019\u00e9laboration des lois et les proc\u00e9dures administratives de leurs mises en \u0153uvre, sous couvert d\u2019une apparente neutralit\u00e9. Ce double paradoxe montre la force et la pr\u00e9gnance des repr\u00e9sentations et des rapports de pouvoir genr\u00e9s en Suisse qui se cumulent dans des in\u00e9galit\u00e9s de fait.<\/p>\n<p><em>Ce billet de blog est une version abr\u00e9g\u00e9e d\u2019un <a href=\"https:\/\/sagw.ch\/fileadmin\/redaktion_sagw\/dokumente\/Publikationen\/Bulletin\/Ungleichheit_Inegalite\/SAGW_Bulletin_1_20_Dossier.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article publi\u00e9 dans le Bulletin de l\u2019ASSH, 2020(1), 41-44<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/nccr-onthemove.ch\/who-is-who\/people\/?p_id=497\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Janine Dahinden<\/a> est professeure d&#8217;\u00e9tudes transnationales au Laboratoire d&#8217;\u00e9tudes des processus sociaux (MAPS) et cheffe de projet du nccr &#8211; on the move <a href=\"https:\/\/nccr-onthemove.ch\/projects\/small-localities-at-the-outskirts-of-europe-transnational-mobilities-diversification-and-multi-scalar-place-making\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Small Localities at the Outskirts of Europe: Transnational Mobilities, Diversification and Multi-Scalar Place-Making<\/a>. <a href=\"https:\/\/www.unine.ch\/maps-chaire\/home\/import\/martine_schaer_1.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Martine Schaer<\/a> est doctorante au Laboratoire d&#8217;\u00e9tudes des processus sociaux (MAPS).<\/em><\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences:<\/p>\n<p>\u2013 Chauvin, S\u00e9bastien et Alexandre Jaunait (2015). <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-raisons-politiques-2015-2-page-55.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L\u2019intersectionnalit\u00e9 contre l\u2019intersection<\/a>, <em>Raisons politiques<\/em> 58(2), 55-74.<br \/>\n\u2013 Dorlin, Elsa (2008). <em>Sexe, genre et sexualit\u00e9s : introduction \u00e0 la th\u00e9orie f\u00e9ministe<\/em>, Paris.<br \/>\n\u2013 Fischer, Carolin et Janine Dahinden (2017). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/1468796816676844\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gender Representations in Politics of Belonging: An Analysis of Swiss Immigration Regulation from the 19th Century until today<\/a>, <em>Ethnicities<\/em> 17(4), 445-468.<br \/>\n\u2013 G\u00fcler, Arzu, Maryna Shevtsova et Denise Ventura (2019). <em>LGBTI Asylum Seekers and Refugees from a Legal and Political Perspective<\/em>, Cham.<br \/>\n\u2013 Kristol, Anne et Janine Dahinden (2019). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/13621025.2019.1691152\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Becoming a citizen through marriage : how gender, ethnicity and class shape the nation<\/a>, Citizenship Studies 24(1), 40-56.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le genre est, aujourd\u2019hui encore, un \u00e9l\u00e9ment crucial dans la fabrication des in\u00e9galit\u00e9s sociales. 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